Ce qui nous arrive – journal rétrospectif – (3)

Sur l’écran de mon smartphone, de nombreux cumulus en mouvement, quelques brèches de ciel bleu immédiatement refermées, le vacillement des étoffes ballottées par le vent. La traversée n’était pas longue, mais j’ai fini par oublier le grondement des vagues qui heurtaient l’étrave du navire.
Pour quelques jours, nous nous sommes rendus sur une île bretonne. Après la première pandémie, des amis s’y sont installés pour s’éloigner des menaces sanitaires et environnementales et ces derniers mois le nombre de ces nouveaux insulaires n’a cessé d’augmenter. Nous n’étions pas très éloignés du continent, à peine une heure de bateau, mais l’omniprésence de l’océan, l’extraordinaire beauté des paysages et le sentiment d’isolement nous a d’emblée dépaysés. Le premier soir, nous avons bu plus que de raison et, l’ivresse venue, nos amis nous ont conviés à une promenade nocturne sur les sentiers qui longent la côte. La lune était presque pleine mais le plus souvent prisonnière du filet nuageux. Ignorants que nous étions, nous nous sommes laissés conduire comme des somnambules au milieu d’allées sinueuses cernées de haies qui nous dominaient de plusieurs têtes. Les courbures répétées des ronces dessinaient à leurs extrémités des corps disproportionnés, des crânes difformes, des organes inconnus et surdimensionnés. À plusieurs reprises, leurs griffes affutées se sont agrippées à nos habits. Ces silhouettes étranges auraient pu me sembler menaçantes, cependant je n’étais pas effrayé ; elles étaient là chez elle, croissant depuis plusieurs dizaines, peut-être des centaines d’années, je n’étais que de passage et il me semblait, l’ivresse aidant peut-être, que nous pouvions coexister sans heurts. Nous sommes rentrés sans aucune égratignure et je me suis immédiatement plongé dans des rêves profonds.
Dans l’un d’entre-eux, nous étions sous l’océan où nous pouvions respirer grâce à d’interminables tubes, aussi longs qu’ils étaient légers, comme les pailles en plastique par lesquelles j’adorais, enfant, aspirer d’un seul coup mon verre de diabolo grenadine. Avec nos mains qui semblaient munis d’hameçons ou de griffes, des mains qui ressemblaient à des pattes d’ours ou de chats, nous attrapions de petits poissons pour immédiatement les manger. Un rêve d’abondance, peut-être.
Le lendemain matin, le vent s’est levé, la mer déchainée, gonflée, son échine ondulant comme si mille serpents s’apprêtaient à dévorer l’île et tous ses hôtes. Dans sa Théogonie, Hésiode fait de Typhon le père de presque tous les monstres les plus horribles en sa connaissance, affublé de plus de cent têtes de dragons et de serpents cracheurs de flammes. Il incarne surtout plus qu’une menace éphémère, plutôt le mal absolu, généralisé, qui ne cesse de croître jusqu’à s’étendre partout, parmi les dieux comme parmi tout le genre humain. D’après la mythologie grecque, Typhon est le fils de Gaïa et le père des trois harpies, divinités de la destruction. Virgile a chanté leur « rapace essaim » : lorsqu’elles surviennent, elles sont rapides et brutales comme peut l’être la bourrasque, mais elles peuvent aussi se changer en oiseaux de mauvais augure. Aux troyens survivants qui cherchaient désespérément une nouvelle patrie, l’une d’entre elles, Céléno, celle que l’on nomme l’ « obscure », prédit qu’il ne l’atteindraient qu’après que la faim les auraient obligés à manger leurs tables.
Qu’adviendra-t-il des insulaires anciens et nouveaux ?
D’autres pandémies pousseront d’autres rescapés à s’expatrier pour rejoindre l’îlot. Les premiers arrivés trouveront qu’ils sont trop nombreux ou trop voyants. Le réchauffement climatique engendrera une montée sensible des eaux et réduira la surface habitable. Ce qu’il restera de l’île s’éloignera irrémédiablement des côtes du continent. Pour repousser les migrations de nouveaux réfugiés, il faudra fortifier une partie non négligeable du littoral. Les denrées produites sur l’île s’avéreront rapidement insuffisantes. Il faudra se rationner, punir sévèrement les voleurs, jeter les récidivistes et les plus rebelles du haut des falaises. La surface de l’île se réduira de plus en plus, les plus puissants se calfeutreront plus encore et des vauriens leur serviront de mercenaires. Violences et inégalités règneront un certain temps, jusqu’à ce que les derniers insulaires s’entredévorent, jusqu’à ce que leurs dépouilles soient déchiquetés par les goélands, jusqu’à ce que leur puanteur empoisonne toute l’atmosphère.

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Ce qui nous arrive – journal rétrospectif – (2)

Il y a un peu moins d’un an, je pénétrais dans une salle de classe après une période d’une durée inédite. La même salle, un carré de même dimension et dans le même état que six mois auparavant, comme si jamais nous n’avions été confinés et que ma dernière séance avait eu lieu la veille. Le bureau était resté à sa place, chargé d’une multitude de documents qui auraient pu être jetés à la corbeille mais qui avaient été oubliés là par des collègues depuis peut-être plusieurs mois ou plusieurs années, empilés négligemment, ce qui me désespère parce que je suis systématiquement dans l’obligation de faire le ménage pour avoir la place de disposer mes propres affaires. La classe plongée dans une semi-obscurité par de lourds rideaux occultants qu’il était en partie impossible d’enrouler parce que leurs mécanismes étaient depuis longtemps hors d’usage. Les tables étaient comme d’habitude disposés sans aucun ordre apparent, pas d’alignement, pas de rangées identiques, aucune symétrie. Elles étaient plutôt agglutinées au gré des affinités des uns et des autres, assemblées par sympathie, un petit tas ici, un autre plus important là, laissant certains angles presque inoccupés, d’autres surpeuplés, comme les débris d’une petite bourgade après une catastrophe naturelle, une inondation qui aurait laissé sur le flanc les carcasses des voitures ou les meubles de jardins.
Sur leurs chaises, les élèves, silencieux comme ils le sont de coutume pour la rentrée, étaient saufs, mais les masques qui recouvraient les trois quarts de leurs visages témoignaient des calamités passés. Des rectangles de tissu, plus épais, ou de papier, plus souples, pliés en des formes indistinctes, dissemblables selon les traits des visages, plus saillantes sur le nez et flasques sur la bouche, comme pour panser des blessures, dissimuler à la hâte les cicatrices des épreuves qu’ils avaient endurées.
Je cherchais à lire dans leurs yeux leurs expériences, savoir si ils étaient heureux d’être là ou effrayés d’avoir quitté leurs foyers, deviner qui ils étaient. Chaque rentrée, il m’arrive, sans le vouloir, de me faire prématurément une idée de certains élèves, pas forcément au premier regard, mais pendant les premières minutes de la première séance. Il y en a dont l’identité m’échappera pendant un temps certain, qui traversent la salle de classe pendant des mois entiers sans que je me sois aperçu de leur présence et que je noterais machinalement absent si je n’étais pas suffisamment vigilant au moment de faire l’appel ; d’autres qui dispersent immédiatement les effluves d’une personnalité attachante ou énigmatique, la démarche ouvrant une brèche impromptue au milieu de la classe, parés d’une manière surprenante, dressés sur des plateformes toujours plus élevées comme des amazones déterminées au combat, le crâne presque rasé ou la chevelure colorée, ornée parfois de formes sibyllines, les yeux constellés de paillettes, sous des paupières roses et mobiles ou recouverte d’un khôl impénétrable.
Cette fois, impossible de distinguer l’un ou l’autre, d’identifier des individus sous les masques. Face à moi, la classe se présente de manière homogène, à la manière d’une photo de classe, une vieille photo, tellement ancienne qu’on est incapable de distinguer un élève d’un autre élève, leur présence est presque fantomatique, leur personnalité disparue ; la jeune fille ou le jeune garçon qu’ils étaient, ils l’ont abandonné il y a quelques mois pour se réincarner en ces êtres indistincts et masqués ; peut-être que cette jeune fille ou ce jeune garçon est demeuré à l’endroit où ils se trouvaient au printemps dernier, peut-être qu’il erre encore entre les murs du collège que leur double masqué a quitté. Au cours des premières séances, je les apercevrai furtivement ces autres eux-mêmes, lorsqu’ils ajusteront leurs masques ou les quittant quelques secondes pour reprendre discrètement leur souffle ; leur aspect me surprendra souvent parce que ce n’est pas ainsi que j’avais imaginé qu’ils étaient ; à nouveau pourvu d’une nez et d’une bouche, de joues arrondies, certains me paraitront plus animés, d’autres plus malicieux. D’autres ne se manifesteront jamais et plus tard j’apprendrai qu’ils avaient tenté de définitivement disparaitre.

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Ce qui nous arrive – journal rétrospectif – (1)

Ce matin, encore pas tout à fait éveillé, j’ai observé ce qui ressemblait de loin, au travers de ma cornée encore brouillée, à un moustique. Impossible d’en être sûr tant que je ne distinguais pas son aiguillon. Pas établi non plus qu’il soit tigre ou velu. J’ai cependant eu le sentiment qu’il m’observait de ses deux paires d’yeux qui me semblaient elles-mêmes se subdiviser en quatre autres paires puis en huit autres puis en seize. Lorsque ma vison se concentre longuement sur un même point, j’ai ce pouvoir démultiplicateur. Des dizaines, peut-être des centaines de globes compactés et à la recherche de mon corps dissimulé sous les draps. Le vol du drone espion est demeuré stationnaire, rien n’indiquant qu’il avait pour projet de s’approcher de moi pour me ponctionner quelque goute de sang. Alors, après quelques minutes, j’ai fini par l’oublier comme j’oublie, par habitude ou par faiblesse, d’autres expériences de contrôle ; j’ai tenté, malgré sa présence, de me rendormir, et nous avons, pendant un temps indéterminé, cohabité dans cette chambre. Le temps de rêvasser, de spéculer à partir des préoccupations du moment et de considérer que, la veille au soir dans le jardin estival, j’aurais probablement appréhendé l’existence de ce moustique tout autrement. Peut-être que, par crainte d’une multitude de piqûres, je me serais badigeonné de crème  ou enveloppé d’une substance répulsive ; peut-être que, excédé, j’aurais entrepris de répandre, dans les étangs ou les piscines du voisinage, des produits chimiques susceptibles d’entraver la reproduction de ces insectes ; peut-être enfin que, furieux, j’aurais eu le projet d’assécher tous les puits et les cours d’eau des environs pour éradiquer la vermine entomique.
Ce qui ce serait passé ensuite, on peut aisément l’imaginer, nombre d’exemples récents ou plus lointains susceptibles de stimuler nos spéculations ne manquent pas ; mais ce qui va advenir dans les mois et les années qui viennent, compte-tenu des calamités auxquelles nous sommes en train de faire face, nous l’ignorons.
Pour essayer de répondre aux questions qui me tourmentent et pour peut-être enfin retrouver le sommeil, j’ai entrepris de me replonger dans l’année écoulée. Une sorte de journal rétrospectif, désordonné et déraisonnable pour sonder les bouleversements rencontrés ces deniers mois et les troubles qui s’ensuivent. J’avancerai peut-être sans régularité et avec difficulté, ignorant où cela me mène, mais j’avancerai.
Alors, qu’est-ce qui nous est arrivé ?

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Le métier d’enseigner

J’ai une très grande admiration pour le travail de documentariste de Michael Prazan, mais je ne partage absolument pas le point de vue dont il fait état dans une tribune du Monde du 18 octobre 2020. Cela fait presque trente ans que j’enseigne, principalement en zone d’éducation prioritaire ou en zone de prévention violence (selon la terminologie de l’éducation nationale), dans le Val d’Oise d’abord, à Garges-lès-Gonesse, puis en Seine-Saint-Denis jusqu’à aujourd’hui. J’ai commencé par enseigner le français et l’histoire-géographie en lycée professionnel et à présent j’enseigne les lettres modernes en Lycée général et technologique, jamais je ne me suis trouvé dans l’empêchement de faire tel ou tel cours, d’aborder un sujet comme l’extermination des juifs d’Europe, colonisation et décolonisation, le conflit israélo palestinien ou tout autre sujet ; au contraire, les élèves ont toujours raffolé de ces sujets « brûlants ». Jamais non plus, mes élèves, souvent musulmans, ne m’ont reproché le fait d’être athée; j’ai toujours taché de respecter mes obligations de neutralité, mais cela ne nous a jamais empêchés d’échanger autour du fait religieux, même d’en plaisanter.

Evidemment, à notre époque où chacun peut avoir accès à une quantité d’informations vérifiées ou erronées, les élèves ont aussi des points de vue préalables à nos séances, parfois il faut prendre le temps de questionner leurs certitudes, de construire des démarches qui leur permettent de les dépasser. 

Je suis toujours surpris (je ne devrais plus l’être) par la manière dont l’opinion, ou plutôt les médias qui s’en font l’écho, se représentent le fonctionnement d’une classe de collège ou de lycée aujourd’hui. Lorsque j’étais moi-même lycéen à la fin des années 80, préparant les épreuves anticipées de français, je me souviens que notre professeur de français nous exposait son commentaire déjà clos sans autre interaction que notre silence respectueux ; le problème était que nous ignorions alors, surtout si, comme c’était mon cas, nous venions d’un milieu social et intellectuel non privilégié, de quelle manière il était parvenu à un tel résultat ; ce n’est qu’une fois à l’université qu’on m’a donné des méthodes et des outils pour y accéder.

J’ignore où et pendant combien de temps a enseigné Michael Prazan, je ne sous-estime pas non plus les difficultés qu’il a pu rencontrer ni celles que peuvent rencontrer d’autres enseignants ; ce que je sais, compte-tenu de son âge, c’est que nous n’en étions déjà plus à l’époque où un enseignant déverse son savoir de haut sur ces « chères têtes blondes » silencieuses sans se questionner sur l’opportunité de ses choix, sans questionner leur sensibilité ou leurs représentations. Il écrit qu’aborder certains sujets ou certains textes peut s’avérer « problématique » ; je lui répondrais que, dans ma pratique d’enseignant, tout texte est problématique, c’est même mon métier que de rendre les oeuvres sur lesquelles nous travaillons problématiques, ce n’est que de cette manière qu’elles peuvent rencontrer les élèves et il n’y a pas de pires séances que celles où les choix que nous avons fait (cela arrive à tous) ne rencontrent que silence et indifférence.

La lecture d’une oeuvre littéraire comme celle d’une oeuvre plastique (un tableau, une sculpture, une photographie ou une caricature) c’est la rencontre de deux sensibilités, celle d’un auteur, de son milieu et de son époque et celle de ceux ou celles qui les lisent ou les regardent aujourd’hui. Notre travail d’enseignant ne consiste pas à ignorer la seconde pour mieux faire comprendre la première sinon cela reviendrait à transmettre une langue morte à des jeunes gens qui n’en ont rien à faire. C’est parce que nous tenons compte de leurs représentations, de leurs premières réactions, que nous sommes capables de susciter leur intérêt, parfois d’y remédier en leur offrant des éléments qui mettent l’oeuvre dans son contexte ou qui questionnent aussi bien les valeurs de leurs auteurs que les nôtres. Sans cesse, nous sommes confrontés à des choix ; si je choisis telle oeuvre plutôt que telle autre, ce n’est pas par peur de heurter les croyances ou les convictions de l’un ou l’une de mes élèves, jamais je n’ai eu besoin de me censurer ; c’est plutôt parce qu’elle m’intéresse, parce qu’il me semble qu’elle peut susciter de l’intérêt chez mes élèves, aussi parce qu’elle me semble adaptée à leur classe d’âge évidemment.
Pour cette rentrée placée sous le signe du covid, j’ai fait lire à des élèves de seconde quelques nouvelles extraites du Décaméron, certaines étaient un peu grivoises, d’autres horrifiques ; la plupart des élèves ont beaucoup aimé ces lectures et nous nous sommes amusés en classe à faire se rejoindre le propos de cette oeuvre avec notre actualité immédiate ; ils ont pu découvrir, entre autres, que la satire des moeurs religieuses était un lieu commun d’une certaine  littérature médiévale ou de la Renaissance ; cependant, une élève m’a fait part (gentiment) que sa mère trouvait bizarre qu’on fasse lire à sa fille ce genre d’histoires, ça ne m’a pas plus dérangé que ça et je ne suis pas scandalisé par le fait que des parents s’interrogent sur ce qu’on fait lire à leur fille de 14 ou 15 ans. Plus récemment, nous avons abordé avec la même classe une lecture des Liaisons dangereuses et les personnages comme l’action n’ont cessé de provoquer des réactions chez les élèves (c’est un peu pour cela que je l’avais choisie) ; certains, comme Valmont, ont suscité leur effroi ou leur dégoût, d’autres, comme Merteuil, des sentiments ambivalents, j’espère que tous ont compris que l’oeuvre de Laclos avait une finalité morale et nous avons collectivement questionné les valeurs contenues dans cette oeuvre de la fin du 18ème siècle. Une classe est un espace vivant où moi, ma sensibilité et mon savoir, l’oeuvre, sa sensibilité et son savoir et les élèves, leur sensibilité et leur savoir, nous construisons un sens commun. 

Ceux qui considèrent le métier d’enseignant seulement comme la délivrance du savoir d’un « sachant » à une masse d’ignorants dociles n’ont rien compris à ce métier. Comment comprendre qu’au nom de la liberté d’expression on nous demande, qu’on demande aux élèves, d’adhérer sans jugement critique au contenu de caricatures quelles qu’elles soient. Imaginons quelques instants la situation d’une classe qui aurait à en faire l’examen : d’abord on peut s’attendre à de multiples réactions, comment imaginer qu’une oeuvre qui est conçue pour cela ne les suscite pas, évidemment qu’un dessin peut choquer surtout s’il est conçu pour ça ; ensuite on va s’interroger sur nos réactions, pourquoi sommes nous choqués (si je dis nous c’est que la classe chemine ensemble), quelle est la part des intentions de son auteur et de nos sensibilités personnelles ; ensuite je pourrais remédier à ces premières réactions en leur proposant un ensemble de connaissances, évidemment pas que les caricatures proposent toutes indifféremment un propos acceptables sinon que ferais-je des caricatures de protestants de la Renaissance ou antisémites des années 30 ou de l’occupation (périodes fastes pour la caricature) ; ensemble, nous pourrons nous interroger sur ce qui heurte certains et pas d’autres, ce qui est acceptable pour certains et pas pour d’autres ; considérer que parce que telle chose ne me heurte pas, elle ne devrait pas également en heurter d’autres est idiot et complètement contre-productif, ôter à l’élève la liberté d’être choqué par quoi que ce soit reviendrait à nier sa sensibilité et toute sa personne, c’est cela qui serait le plus dangereux. La seule chose qui soit certaine et jamais aucun de mes élèves ne l’a considérée autrement, c’est qu’on ne tue personne pour une opinion ou un dessin.

Ce qui me révolte le plus (c’est la raison qui m’a poussé à écrire ces quelques lignes) c’est que Michael Prazan, au-delà de la nécessaire réaction à l’attentat atroce dont a été victime Samuel Paty, alimente la machine à stigmatiser, rejoigne par ces propos tous ceux qui écrivent ou ont écrit pour désigner à la vindicte populaire des populations et des territoires entiers, comme ceux qui en profitent pour faire avancer leur propre agenda politique, ceux qui n’y ont jamais mis les pieds, ceux qui y sont passés en coup de vent comme d’autres font un safari, avec leurs préjugés qu’ils se sont empressés de confirmer. Je regrette que, par son discours, il ajoute aux convictions de ceux qui, sans y être jamais allés, pense qu’il serait devenu impossible d’enseigner en Seine-Saint-Denis ou ailleurs en Ile de France. 

Qu’ils sachent que, même si parfois c’est difficile, j’ai la faiblesse de penser que, parce que les enjeux sont importants et parce que les élèves ont plus qu’ailleurs le désir d’apprendre, c’est plus passionnant que partout en France.

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RUN RUN RUN. Saison 1, épisode 6 : MORDRE.

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RUN RUN RUN. Saison 1, épisode 5 : Remplacer les vivants par les morts.

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RUN RUN RUN. Saison 1, épisode 4 : Le poème est une course-poursuite.

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RUN RUN RUN. Saison 1, épisode 3 : Contrôle des flux .

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RUN RUN RUN. Saison 1, épisode 2 : La perspective et la perception.

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RUN RUN RUN. Saison 1, épisode 1 : L’interface.

 

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