l’automne a faim

l’automne a faim, se frotte aux fenêtres, les taches accumulées depuis des mois, de la pluie, ce que crachent les blattes, l’haleine des camions qui grognent pendant qu’ils livrent la viande, il a faim, à grands coups de couteaux le ciel est recouvert de coulées grises et blanches, ça bave sur les corniches, dégouline sur les façades, peut pas lécher ce qui s’égoutte des branches, le corps du chien est encore trop brûlant, peut le mordre jusqu’à l’absence de larmes , sur l’os, vous ne voulez pas vous asseoir, les nuits sont trop douloureuses, le matin il piétine la rue comme d’autres pétrissent la pâte, cela ne le nourrit pas mais les gorgées du dehors lui font oublier la faim, moins loin que ceux qui se précipitent dans l’estomac du molosse, la peur de ne pas pouvoir faire demi-tour, là où il doit disparaître, pas s’effondrer sous leurs yeux, il vous faut un verre d’eau, il n‘y a rien pour mettre un terme à ce poème, pas même une plainte, un juron, la phrase meurt de ne pas prendre fin

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2 commentaires pour l’automne a faim

  1. belle écriture, peuplée, dense, organique, tiraillée par le bras, tirée hors de sa gangue et souffrant un peu sa naissance, une belle écriture que je découvre. A vous relire.

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