sur la page blanche (ch.1)

Sur la fin, il semble que la peinture ait retrouvé son caractère primitif ; il semble que les figures qui peuplaient les parois des cavernes se soient réfugiées sur les façades des villes ou de leurs prolongements périphériques ; sur la pierre, dans la terre, sur des matériaux réservés à un tout autre usage, sur les cloisons de plâtre, seuls ou à quelques-uns, debout ou couché sur le dos, à la lumière d’une bougie peut-être, avec des pigments minéraux, de la sève, de la graisse, avec les outils les plus rudimentaires, on a entaillé, on a creusé, on a frotté, gratté, des inscriptions, des signes, destinés à la famille, aux amis, à la tribu, à une communauté, à celui ou celle qui croiserait leur route ; comme le vieillard se ramasse sur lui-même, la peinture a rejoué les gestes de l’enfance, à griffonner, à cocher pour compter, à tracer des traits, des lignes, à dessiner des formes indéterminées. Il ne comprenait pas alors.
Sur la fin, aucun de ceux qui la pratiquaient encore n’a cherché à éblouir ou embellir une réalité que personne ne pouvait ignorer. Peu importait la manière, peu importait le savoir-faire, puisqu’il ne s’agissait plus d’enluminer des lieux de culte, ni d’agrémenter les salons bourgeois et les musées ; les musées,  ils s’étaient mués en parc d’attractions. Sur la fin, leurs œuvre n’ont pas regorgé d’informations ou de messages, il ne s’agissait pas qu’elles soient trop bavardes, il leur fallait simplement retenir, sur la surface qu’ils avaient choisie, quelques repères, en conserver les traces et les révéler à l’œil, les soubresauts du monde. Dans les traités anciens de calligraphie japonaise, il est dit que le sujet peut rendre une « simple feuille blanche » s’il n’a pas plus à dire ou à transmettre, ne rien dire plutôt que de n’être pas entendu. Elle a préféré garder les yeux fermés.

On n’y voit presque rien.

Un voile,

bien plus,

une immense étendue blanche,

impossible de la délimiter,

impossible de la contourner,

difficile de la nommer,

elle l’enveloppe tout entier,
elle avale, anéantit tout ce qui l’entoure,

fait écran devant tout le reste,
pourtant elle n’est rien, elle ne contient rien,

l’absence de mot pour le dire,

sa présence est indéniable mais elle est matériellement invisible, transparente et aveuglante.
Les yeux, il les a ouverts et refermés aussitôt ; une fois clos, il est resté cette sensation de chaleur, pas encore la douleur alors il a résisté plus longtemps, de l’air presque brulant versé sur les paupières, pénétrait à l’intérieur, réchauffait la rétine à présent, sécrétait des larmes qui le soulageaient.
Il s’est redressé et est resté assis quelques instants. Autour de lui, les seules formes qu’il a distingué étaient à deux dimensions, à plat a-t-il pensé, comme des figures dessinées sommairement sur une feuille de papier ; sur un écran des ombres chinoises ou des êtres dont la présence semblait vacillante, en voie d’apparition ou d’effacement, les images d’un film dont la pellicule s’était dégradée, une photographie surexposée.
Après quelques temps, l’espace qui l’entourait a retrouvé les dispositions convenues, ses trois dimensions. Il a aperçu ses jambes nues qui reposaient en partie sur un tapis de galets brulants, sa femme couchée sur le ventre et dont la peau renvoyait remarquablement le soleil, sa fille et son fils en réduction parce que leurs jambes s’étaient enfoncées jusqu’aux genoux dans l’eau. Comme le soleil s’y réfléchissait en  se multipliant en une multitude de points lumineux qui l’éblouissaient, il ne les a jamais perçus distinctement, a gardé l’illusion que leur taille s’était réduite et qu’ils avançaient sur un immense bassin plein de charbons ardents et dans lequel ils disparaissaient progressivement,  leurs contours fondant, se courbant à mesure qu’ils s’éloignaient de la plage.
Il ne s’est pas levé dans le but de les secourir, il s’est levé parce que la sensation de chaleur était devenue insupportable et il espérait qu’une immersion complète de son corps le rafraichirait un peu. En se déhanchant, en tressautant parfois, lorsqu’il posait un pied après l’autre sur les galets brulants, surtout si la face qu’ils présentaient était plus anguleuse, plus coupante, il est parvenu jusqu’ au bord de l’eau. En quelques secondes seulement parce que la plage était réduite à sa plus simple expression.
La Méditerranée était pleine, l’eau immobile, son bassin comblé jusqu’à ras bord, à peine un léger ondoiement, à perte de vue cette étendue plane, épaisse comme de l’huile, monocolore, sur laquelle se mouvait des formes plus foncées, rebondies, des ombres, certaines se détachaient d’un ensemble plus vaste, s’échappaient puis disparaissaient on ne sait où, sur cette surface opaque ; à ses pieds il a aperçu le fond, des galets encore, à ses pieds l’eau était transparente, il a distingué quelque chose, une substance plutôt parce qu’elle semblait se dissoudre dans l’eau, comme un épais liquide ou du papier imbibé après un certain temps, qui ne s’effritait pas vraiment, conservait son entièreté tout en se déployant, une substance blanche ou grise, une autre quelques centimètres plus loin, d’autres encore qu’il n’a pu voir que lorsqu’il s’est avancé un peu plus, des méduses, de petites méduses, par dizaines, peut-être par centaines, elles peuplaient entièrement  l’ensemble du bassin, le cernaient, s’étaient regroupées à proximité du bord, rassemblées peut-être à distance de la côte marocaine dans l’attente d’un départ prochain.
Il ignorait si l’unique autre couple présent sur cette plage -des marocains probablement parce qu’ils ne s’étaient pas dévêtus lorsqu’ils s’étaient installés- s’en était rendu compte ; ils demeuraient sur la plage, n’étaient pas venus pour se baigner, leur rendez-vous, hors de portée des regards réprobateurs.  Il ne savait pas non plus si les soldats postés sur la falaise et qui scrutaient l’horizon vide les avaient vus, certainement pas d’où ils étaient.
Il en a compté quatre sur le chemin qui les a conduits jusqu’à la crique, deux en grimpant jusqu’au sommet de l’énorme rocher qui surplombait le bourg, un autre en redescendant le long de la falaise et qui se trouvait à proximité d’une sorte de poste de garde ;  tous en uniforme, enfin, en bras de chemise à cause de la chaleur, armés de fusils grossiers et le regard en direction de la mer.
El Jebha se nommait le bourg, ce qui signifie le front, mais il ignorait s’il s’agissait de cette partie du visage qui surplombe les yeux ou de la ligne, de la limite qui sépare deux armées adverses lors d’une bataille. A son fils qui lui demandait ce qu’ils faisaient là, il a répondu qu’ils devaient surveiller la côte, faire obstacle aux contrebandiers qui tenteraient de s’en approcher. Des images d’embarcations de fortune et de débarquements nocturnes. Ajouté qu’il était peu probable que cela arrive de jour compte tenu du dispositif de surveillance. Rien ne s’opposait non plus à l’idée qu’ils ne se trouvaient pas là pour interdire les accostages mais pour contrarier le départ de migrants en direction des côtes européennes.
À quelques mètres à peine de la plage, la multitude des méduses qui se rassemblaient en silence, une onde légère agitait leurs tentacules mais elles ne semblaient pas se déplacer ; il ne savait pas comment elles s’étaient retrouvées là ni pourquoi elles pullulaient à cet endroit précis ;  il était possible qu’un coup de vent, une tempête explique ce regroupement ou simplement l’effet d’un courant marin ; en l’absence de prédateur, elles s’étaient multipliées.
Peut-être qu’elles ne piquaient pas après tout, elles ne le sont pas toutes, piquantes ; néanmoins il n’a plus osé avancer, de l’appréhension dont il ne parvenait plus à se défaire ; en bougeant le moins possible il a donné de la voix, demandé à ses enfants de rejoindre la plage au plus vite, s’y est repris plusieurs fois, parce qu’il lui a semblé impossible de se rapprocher d’eux sans traverser ce qui ressemblait, si ce n’est à de l’huile d’olive, à la « soupe primordiale », une eau chaude pleine d’organismes simples et résistants, ce qui semblait être le cas des méduses.
A la recherche d’un récit des origines, les scientifiques racontent qu’il y a entre trois et quatre milliards d’années de tels organismes se sont développés dans une atmosphère presque irrespirable, qu’en absorbant des gaz nocifs pour les transformer en oxygène ils ont favorisé la venue de formes de vie plus complexes, des algues bleues, des colonies d’algues bleues, tapissé l’ensemble des océans, absorbé le gaz carbonique, formé des couches de calcaires, les stromatolithes, rejeté des grandes quantités d’oxygène qui ont formé la couche d’ozone.
L’air qu’il respirait à présent, les jambes trempées dans ce bain  primitif, le cri de l’un de ses enfants, de son fils, alors dans l’obligation de se déplacer en sa direction, ne pas nager mais courir, l’eau était peu profonde, le ramener jusqu’à la plage et constater la morsure sur sa cuisse, une tache rose, plus foncée en quelques secondes, violacée. Le jeune marocain lui a défendu de verser de l’eau minérale sur la blessure, la jeune femme qui l’accompagnait a pris une poignée de sable et l’a déposée sur la cuisse, la fin des pleurs ; le jeune homme leur a expliqué que ces méduses n’étaient pas très dangereuses, que la douleur disparaitrait dans quelques minutes, le sable allait éliminer ce qu’il restait du venin. La jeune femme avait un foulard bleu noué sur sa tête et le contour de ses yeux était très délicatement dessiné au crayon noir ou au khôl pour les embellir ou les protéger de la lumière du soleil.
À quoi pouvait bien ressembler Méduse, ses cheveux noirs étalés sur les fleurs printanières, avant que Poséidon ne la convoite ? On ne se souvient que de son regard effrayé ou effrayant, du grouillement répugnant des serpents sur sa tête, de cet instant figé par Caravage où Persée la décapite. Au Louvre, sur une grosse jarre grecque, à l’instant où le fils de Zeus et de Danaé brandit son épée, elle est représentée sous les traits d’une femme-centaure.
La veille, la nuit a noyé le bourg de bonne heure, ils n’étaient pas encore allés diner dans l’un des bouis-bouis d’une des deux seules rues, des sardines comme tous les soirs précédents depuis qu’ils ont entamés de longer la côte méditerranéenne du Maroc.
Une fois les enfants couchés, ils sont montés sur la terrasse de l’hôtel, ils avaient une position surplombante qui lui faisait penser au belvédère du Rivage des Syrtes, mais l’énorme rocher les dominait davantage ;  « dans ce silence oppressant qui semblait jeter une ombre au cœur de la nuit même, la masse énorme venait à nous plus écrasante qu’en plein jour ».
Elle surplombait le port, aucune embarcation n’y mouillait depuis qu’ils étaient arrivés, seulement celle des garde-côtes, il devait ne servir qu’à cela, le port, pas un navire de pêche à l’horizon ; à l’autre extrémité de la terrasse deux femmes voilées avaient une conversation animée, sa femme a allumé le joint qu’elle a confectionné -c’était  toujours ainsi qu’ils procédaient- puis ils ont tiré dessus l’un après l’autre ; il n’aimait pas particulièrement ça mais il savait que c’était une manière pour eux de se laisser aller, de s’oublier et le signal pour lui qu’ils allaient faire l’amour ; insensiblement, le drap nocturne les a enveloppés.
On ne leur avait pas fourni de couvertures, cela n’était pas nécessaire, alors le lit n’était ni à faire ni à défaire ; dans une demi-pénombre, la lumière de la rue et l’odeur des sardines, il s’est assis près d’elle et l’a embrassée en pénétrant avec sa langue sans forcer, basculer sur le lit sans ne jamais s’extraire de sa bouche, glissé sa main sur ses seins et pincé ses tétons de ses doigts humides ; elle a un peu sursauté, s’est penché vers lui et a caressé la forme de son sexe façonnée sous l’étoffe du pantalon puis glissé ses doigts à l’intérieur, il aimait sentir sa bite dans sa main ; lui-même a effleuré sa vulve avec ses doigts, lorsqu’il a senti qu’elle était plus humide, il a plongé ses doigts dans sa chatte, commencé avec sa main un mouvement de va et vient de plus en plus rapide en guettant ses réactions ; au bout de quelques minutes,  elle lui a demandé de la prendre, il s’est allongé sur elle, pénétré en même temps dans sa bouche et sa chatte, contenté de mouvements lents mais réguliers pour ne pas éjaculer trop vite, accéléré quand elle s’est mise à faire plus de bruit, à s’abandonner complètement, laissé les fluides s’écouler à la fois dans sa chatte et dans sa bouche ; ignorant s’il était parvenu à attendre assez longtemps, il s’est laissé tomber sur le côté, il sentait que le cannabis faisait encore son effet.

Le cannabis ou le chanvre est une des plus anciennes plantes cultivées par l’homme puisqu’on en trouve des traces dès le néolithique en Asie. Il servait essentiellement à confectionner des vêtements, des cordages ou du papier. Gutenberg aurait imprimé sa première bible sur du papier de chanvre. Il y a encore quelques années, la banque de France utilisait la production française de chanvre pour fabriquer des billets de banque.
Une grande partie du cannabis consommé en Europe est cultivée au Maroc, dans le Rif, une région montagneuse du nord. Ce seraient les invasions arabes qui l’auraient apporté avec elles avant qu’elle ne s’implante définitivement entre le XIVème et le XVème siècle autour de Ketama.
Au XIXème siècle, le Maroc est divisé en deux protectorats, français et espagnol, et c’est un sultan soumis aux puissances étrangères et soucieux de ne pas avoir à affronter une population connue pour ses facultés de résistance qui autorise les rifains à cultiver le cannabis.
À partir de 1920, celui qu’on appelle l’Emir du Rif ou le « Vercingétorix berbère »,  Mohammed ben Abdelkrim el Khattabi, rassemble toutes les tribus du Rif et écrase les espagnols à Anoual. C’est la première défaite d’une puissance coloniale, 700 soldats espagnols sont faits prisonniers. Abdelkrim instaure la République du Rif, installe sa capitale à Chefchaouen et fait interdire la culture et la consommation du cannabis contraires selon lui aux principes de l’Islam.
Dans un beau livre qu’il avait mis en vitrine à la librairie[1], un livre sur la culture berbère, il y avait une photographie d’Abdelkrim, pas exactement l’image qu’on se fait d’un héros du combat anticolonial, un petit homme modeste en vêtement traditionnel, à l’air fatigué, dépassé par une tâche trop grande pour lui, disposé néanmoins à faire son devoir.
Dès 1925, Abdelkrim doit faire face aux réactions françaises et espagnoles ; Pétain remplace Lyautey à la tête d’une armée française forte de 200 000 hommes et déclenche la seconde guerre du Rif avec l’aide du général Primo de Rivera qui a pris le pouvoir et mis en place une dictature en Espagne. Il est fait usage d’armes chimiques et des avions bombardent des villages entiers au gaz moutarde.
Abdelkrim est vaincu en mai 1926. Immédiatement après leur retour au pouvoir dans le Rif, les espagnols autoriseront à nouveau la culture du cannabis dans certaines zones du nord de Fès à Ketama.
Après l’indépendance, en 1956, les autorités marocaines tenteront de prohiber la culture du cannabis, mais cela provoqua un vif mécontentement parmi les populations et Mohamed V acceptera de tolérer la culture dans les régions de Ketama, Beni Seddate et Beni Khaled. Pour pacifier les zones berbères, les puissances coloniales les avaient soustraites au droit marocain en encourageant leur autonomie, elles ont défendu cette spécificité après l’indépendance. Ni Hassan II, ni Mohamed VI ne sont parvenus à prohiber totalement le cannabis ; au contraire sa culture s’est développée de plus en plus malgré les recommandations internationales. Il faut dire que les régions berbères sont beaucoup plus pauvres que les zones arabisées que l’on retrouve à proximité des côtes atlantiques et les migrations étant devenues de plus en plus difficiles, la culture du cannabis est devenue la seule source de revenus pour ces populations.

Entre Tanger et El Jebha,  pas loin de deux cent kilomètres, sur une route qui longeait la côte, la chaussée en très mauvais état, sur des centaines de mètres par endroits, des bosses, de petits trous ou d’importantes crevasses, entre lesquels ils progressaient lentement, la circulation étaient presque inexistante mais ils n’étaient pas à l’abri d’heurter le seul véhicule qui circuleraient en sens inverse, ignoraient ce que chaque courbe leur réservait. Après l’un de ces lacets, un village en contrebas, une plage et quelques dizaines d’habitations en désordre, ils ont décidé de s’arrêter pour se restaurer. Sur la plage étaient dressées des tentes, certaines servaient de cantines, on y servait des sardines exclusivement, grillées grossièrement et servies sans cérémonie ; les regards des hommes aux tables voisines, des hommes uniquement, devaient se demander ce qu’ils pouvaient bien faire là, manifestement leur nombre excédait celui que le village pouvait contenir, certains devaient trouver à se loger dans ce qui pouvait constituer un campement. Mais pourquoi dans cet endroit reculé où la seule issue était la mer Méditerrané ?
Jusqu’aux années quatre-vingt, les marocains pouvaient circuler entre leur pays et l’Espagne simplement muni de leurs passeports, alors leur revenu moyen équivalait au quart du revenu espagnol ; aujourd’hui, il représente moins d’un dixième de celui-ci. Chaque année des milliers d’hommes et de plus en plus de femmes cherchent à parvenir en Europe clandestinement, certains sur des embarcations de fortune, entre quinze et vingt mille personnes sont arrêtées sur les côtes espagnoles chaque année, sept à huit cent embarcations sont saisies et, sur un peu moins d’une vingtaines de naufrages enregistrés, on dénombre de cinquante à cent cadavres.
Ceuta, comme tous les matins à l’aube, le balai de dizaines de femmes marocaines à l‘entrée de l’enclave espagnole, plus d’une heure d’attente et elles sont rendues à l’intérieur des habitations bourgeoises espagnoles, en charge de faire le ménage, la cuisine ou s’occuper des enfants ; le même trajet dans l’autre sens, plus rapidement, elles ont pu gagner une ou deux heures selon la saison en passant du fuseau horaire de l’Europe à celui du Maroc. Leur balai immobile sur les écrans de contrôle des gardes-frontières, ce qu’ils ne perçoivent que comme un assemblage d’étoffes, une accumulation de misère et de lassitude.
Dès leur arrivée à Tanger en provenance de l’Espagne, on leur a raconté qu’on pouvait apercevoir Gibraltar en grimpant sur les toits de la ville, alors ils ont dirigé leurs regards vers le nord comme les antennes satellites qui étaient nombreuses sur les terrasses, mais n’ont rien vu d’autre que l’étendue bleue et des chats en grand nombre, pas très gros, des plus grands qu’accompagnaient de plus petits, ils les ont regardés, avec dans leur regard l’assurance de ceux qui sont chez eux et sauraient se défendre si nécessaire, alors Christophe, sa femme et ses enfants ont quitté les lieux.
Quelque part entre Malaga et la région parisienne, six points perpétuellement en mouvement, six véhicules, des grosses cylindrées, doubles vitres teintées ,deux Porsche Cayenne, un 4×4 ML et trois Citroën C5, toujours entre 150 et 200 km/h, le bourdonnement presqu’imperceptible de leurs moteurs, elles ne s’arrêteront pas pour faire le plein avant Bordeaux, les Porsche plus mobiles s’assurent qu’aucun obstacle ne survient, le 4×4 servira, si nécessaire, de bélier, les C5 sont pleines à craquer, des centaines de kilos de cannabis.

(je remercie Marta pour tous ses éclaircissements plastiques et les pistes à propos de Ceuta…)


[1] Il est libraire à paris.

 

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Cet article a été publié dans 1999. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour sur la page blanche (ch.1)

  1. Othmane dit :

    Il est vraiment interessant ce post,
    merci beaucoup

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