1999 / Prologue.

Où la guitare expire, jette ces derniers rugissements, dans le ciel fusent des dizaines d’objets lumineux, incandescents, l’orage gronde, parcourt l’ensemble des continents, pas une frontière ne l’arrête, to here knows when, qu’ils s’écrasent bruyamment sur le sol, le métal brut, fumant, ces corps qui s’effondrent, hurlant, ces cordes froissées, slip, comme on s’imagine que fuient les derniers dinosaures, move, noyés par les pluies torrentielles, emportés par les avalanches de boue, dans les dernières années du siècle, it’s been so long

où la guitare s’effondre, ses tremblements répétés, lentement,  ra-ralentit par moments, accélère ensuite, par ra-rafales, re-reprise des bombardements, en Irak, au Kossovo, au Congo, Sierra-Léone, au Cachemire, au Pakistan, au Timor, sur les écrans, des nuages de gaz et de poussières, roses comme la nébuleuse d’Orion, sur les écrans dessinés d’indéchiffrables hiéroglyphes, observent le ballet des chairs turbulentes, bombardés de millions de pixels, your fear, dans les dernières années du siècle, it’s been so long

où la guitare agonise, tu entends son dernier souffle, il balaie du regard les innombrables pédales d’effets,  sous perfusion, Kevin S. fait distorsion, fait profil bas,  shoegaze, préfère regarder ses chaussures, de ne pas être capable de, de ne pas avoir le courage de, armés jusqu’au dents, Eric H. et Dylan K. abattent froidement leurs camarades de Littleton, convoqués psychologues à l’étude des stigmates adolescents, your red bouton, qu’est-ce que cela a à voir avec les évènements de Seattle ?, dans les dernières années du siècle, it’been so long

Où la guitare s’éparpille sur le sol, achève la chanson, to here knows when, bris d’existences mineures, d’étoffes déchirées, de noir vêtue la chanteuse contient des larmes dans sa voix, your dress, gonflée par le vent, la tempête du siècle, te regarde, les eaux montent, elles recouvrent le pont, c’est une traversée impossible, come back again, j’observe à travers la vitre, à mesure qu’on se rapproche du centre, un archipel d’ilots écrit Claude S., sous-bois, terrains de sport, wagons de marchandises, voies qui s’entrecroisent, usines, pavillons, entrepots, hangars, sous la pluie, le larsen, de la cendre entre les oreilles, anéantit le paysage, ses couleurs délayées, dans les dernières années du siècle, it’s been so long


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Un commentaire pour 1999 / Prologue.

  1. petite fée dit :

    un sublime chaos…une tempête…des larmes…des mots qui sonnent, s’entrechoquent et résonnent…j’entends plus la guitare…come back again…but no fear

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