Rebond

une manière de convier à la lecture toujours passionnante de Norwich, une manière aussi, pour poursuivre un échange brièvement engagé  à propos des Maitres anciens de Thomas Bernhard, de rebondir sur ces Relectures, en considérant lectures et écritures entremêlées, lectures qui précèdent,  accompagnent,  enrichissent,  amplifient, corrigent

d’abord des leçons de grammaire, en phase d’apprentissage, pour se mettre en jambes, démonter pour voir dedans les Pensées de Pascal, découper puis recoller les morceaux de la syntaxe tendue des phrases de Racine, la simplicité biblique du premier dialogue entre Valjean et Cosette, des exercices à la fois de musique et d’architecture, se figurer pleines comme les quatuors de Beethoven les phrases de la Recherche, des variations, des échos, les mots déployés pour saisir le monde, des phrases-mondes ou plutôt des édifices de phrases, des espaces ou des déplacements à pied, en train, en auto, un travail de haute couture aussi comme chez C. Simon, la représentation analogique du monde, renoue ce qui semblait en désordre, noue ou renoue, mise en lumière des réseaux, ses pages de couleur et le nettoyage par le vide de Thomas Bernhard, les Maitres anciens, son souffle qui n’épargne rien

par la suite, des travaux pratiques, passages stimulants par le laboratoire, là où l’œuvre est en train de se faire, extraite de la réalité quotidienne, sur le chantier à ciel ouvert que constitue le Journal de Kafka, parmi les brèves notations sensibles de Bruno Schulz, Les Boutiques de Cannelle, ou chez Rigoni Stern, en promenade avec Walser, à retenir l’instant  en compagnie de Pessoa, Le Livre de l’intranquilité, et poursuivre l’inventaire de Perec

histoires, pour éveiller le conteur, libérer l’imaginaire, visiter avant de rencontrer le sommeil l’une des pièces du musée macabre de Poe, le merveilleux des Mille et une nuits, se glisser au hasard dans l’une des nouvelles K. Mansfield, de Flannery O’Connor ou Felisberto Hernandez, un voyage du côté du Rio de la Plata est toujours riche d’enseignements, ouvre le coffre aux péripéties, les méandres de Cortazar, voir comment ça s’enclenche, comment ça se déploie, les phrases alluviales d’Octaèdre, faire enfin tomber les dernières barrières, abandonner toute vraisemblance avec Michaux, La vie dans les plis

le paradis ou l’enfer, d’un côté l’ouverture en musique de la Chartreuse de Parme, des duos et des trios comme à l’opéra, un opéra de Mozart, un opéra en italien, allegro con brio, de l’autre les traits secs et tranchants de L’Espèce humaine, la clarté et la précision des gravures de Dürer

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Un commentaire pour Rebond

  1. Sebastien Chevalier dit :

    Beau rebond, très athlétique. Merci. Je vous vois davantage sur la piste et moi dans les tribunes.

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