Nos intérets ne sont pas les leurs.

La ville endure ces heures où le ciel l’ébouillante, où les jours ressemblent aux nuits, les nuits aux jours, à mâcher l’air qu’on respire. La ville égrène ces instants où la rue agonise, régurgitant les restes de vies sur le trottoir souillé, crayonné d’empreintes tenaces comme une sanguine. La ville abandonne, en voie de décomposition, ces chairs avariées et ces regards déments aux insectes qui se nourrissent de leur putréfaction.
Demain, un vent frais nettoiera la chaussée et chassera la puanteur ; alors la ville se remplira à nouveau d’une foule de corps frais et en parfaite condition.

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2 commentaires pour Nos intérets ne sont pas les leurs.

  1. Stassart dit :

    Oui, c’est tout à fait ça et magnifiquement écrit.
    J’apprécie l’écriture fragmentaire et je trouve qu’elle s’applique particulièrement bien à la ville en morceaux.

  2. martin dit :

    la torpeur entre différence et repetition, j’aime beaucoup

    amicalement
    M

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