8 points d’intersection

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§1. Pour quelques jours, le canal saint martin est recouvert de glace et je peux me voir dedans.


§2. A l’intérieur du rectangle joignant la rue du faubourg du temple, la rue Goncourt, la rue Abel Rabaud et l’avenue Parmentier. Au rez-de-chaussée, dans l’angle des deux rues les plus petites, Andrew joue de la trompette. La journée pour ne pas réveiller les voisins. Beugle comme Rex Stewart, qui jouait plutôt du cornet, gueule contre les camions qui déchargent des rouleaux de tissus, rugit comme Menelik (the lion of Judah). Sa danseuse brésilienne rentre tard la nuit et défile le jour de la Sainte Rita sur le boulevard de Clichy.

§3. Quelques dizaines de mètres plus hauts, à la perpendiculaire de la rue du faubourg du temple, après la rue Jules Verne, a existé une rue Robert Houdin.

§4.

A Belleville, se croisent la rue du faubourg du temple, le boulevard de Belleville, la rue de Belleville, la rue Louis Bonnet, le boulevard de la Villette, la rue Civiale et la rue Lemon.

A Belleville, ma mère m’a perdu.

A Belleville, je ne retrouve plus mon école.

A Belleville, les papiers s’envolent par-dessus les arbres.

A Belleville, les photos que j’avais prises du contrôle de police disparurent d’un coup de baguette sur les doigts.

A Belleville, j’ai vécu avec mon frère, ma sœur, ma mère, Josefa, Santiago, Tito, Maria, Noella…

A Belleville, un dragon non euclidien serpente dans la rue des couronnes, la rue Vilin, la rue de la mare et la rue des cascades.


§5. ATTENTION ESCALIER.


§6. De la petite ceinture, il ne reste qu’un croissant de lune. Au point A où elle croise la rue de Ménilmontant, je suis rentré dans le bar B et j’ai rencontré C. Après quelques verres de vin, pris sa main et dessiné des cercles en valseremontant la rue de Ménilmontant, la tenant par la taille. Les feux du 96, en sens inverse, ont projeté la forme fractale et mobile que composaient nos silhouettes enlacées sur les murs.


§7. Est-ce-que tu peux appuyer sur le bouton rouge s’il te plait ?


§8. Tout en haut de la rue de Ménilmontant, au cinquième étage, de sa fenêtre, monsieur Nil aperçoit toutes les heures la tour Eiffel qui scintille. Sur le mur de sa chambre, il a encadré un poème que lui a offert Jacques Roubaud[1]. A l’encre noire, rouge et verte, il est écrit :

Le Pic

Dans le pin

Fait toc

Toc toc

De son bec

fin



[1] Jacques Roubaud vient de publier au Seuil son dernier livre : Impératif catégorique. Manière aussi de poursuivre, par l’exemple, le débat entamé ici et sur la manière de parler des livres sur internet autour de François Bon et en sa compagnie le vendredi après-midi à la Médiathèque de Bagnolet.

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3 commentaires pour 8 points d’intersection

  1. petite fée dit :

    j’ai aimé cette première danse petit faune et les autres à venir…mais EST-CE QUE TU PEUX APPUYER SUR LE BOUTON ROUGE STP ?

  2. petite fée dit :

    et même si je ne danse plus désormais sous un croissant de lune, il y a cette mystérieuse musique, cette jolie mélodie qui m’accompagne…un sourire en dedans, une pure et douce lumière…

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