Le jour viendra

Le jour viendra où sur plus une ligne n’apparaitra un personnage avec la prétention de ressembler à un être vivant qui pense, imagine, parle ou se débat.

Derrière les murs, on ne glosera plus à propos des voix, des sons révélateurs des petits accidents de l’existence. De la fenêtre, par-dessus les toits, sur les façades, dans le dessin des avenues, plus aucun sens, plus aucune idée n’émergera.

Pour parvenir dans la rue, je devrai enjamber les corps des derniers héros ou héroïnes étendus sur les marches des escaliers. Sur le trottoir, il ne sera plus nécessaire de marcher de travers pour les éviter.

Dans les vitrines des magasins, on n’apercevra plus leurs reflets apparaitre puis disparaitre. Il sera devenu improbable de croiser un visage familier.

Les formules impersonnelles seront alors la règle. Plus un verbe d’action ne se conjuguera au passé sauf dans les pages des écrivains morts.

Le jour viendra où on écrira plus que pour peindre les ruines d’une civilisation disparue.

Publicités
Cet article a été publié dans frictions. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Le jour viendra

  1. Annie dit :

    Non plus faire de l’art avec la mort, comme le pense Pierre Michon et d’autres, mais faire de l’art avec le présent voire l’avenir, si je vous comprends bien. J’attends avec impatience ce jour de vous lire, alors.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s