ces lignes

« Notre destin, à nous autres écrivains qui répondons à l’appel de la vocation et non à l’appât du gain, n’est qu’une quête incessante de prétexte pour retarder le moment de prendre la plume. »

En exergue de ce texte, encore une citation de Rodrigo Fresan. De surcroit prétentieuse, même si le redoublement de l’appel par l’appât donne à l’ensemble du propos une tonalité un peu ironique.

Le livre de l’argentin repose à présent juste au dessus de ma tête lorsque je suis allongé.

Je l’avais d’abord posé par terre à côté du lit, mais après l’avoir oublié, un soir en m’endormant, à l’endroit où il se trouve à présent, j’ai pris conscience qu’il ne me tomberait pas forcément sur la tête. Sonné par plus de 600 pages.

Il y est maintenant depuis plusieurs semaines. A moitié parcouru, je ne le reprendrai certainement que dans quelques mois, peut-être plus.

Depuis plusieurs semaines, j’écris ou j’esquisse des nouvelles qui s’amorcent dans mon quotidien et se développent au gré des jeux de mon imaginaire. Jusqu’à un certain point.

La nouvelle a l’avantage, par sa brièveté et parce qu’on peut à tout instant dégainer, d’épouser parfaitement les bouleversements du monde, l’actualité la plus brulante. Elle me permet surtout de m’exercer à mon activité favorite sans prendre de véritable risque.

De la même manière, chaque été, je nage chaque jour une vingtaine de mètres, sans jamais m’aventurer au-delà des bouées, avant de revenir aussitôt m’allonger sur le sable.

Seulement il y a quelques jours, j’ai entamé l’écriture d’une nouvelle variation sans parvenir à y mettre un point final. J’ai le sentiment d’avoir attrapé un fil sans savoir qu’il y avait toute une pelote qui se cachait derrière. Ça me fait un peu peur bien sûr, mais je suis aussi curieux de voir où ça peut bien me mener. Sans y laisser ma santé.


Il y a quelques jours, j’ai rêvé que je mâchais quelque chose de dur, d’indigeste. En m’observant peu après dans un miroir, j’ai constaté avec effroi qu’il manquait une partie importante de mon oreille gauche. J’ai recraché les plus gros morceaux dans le lavabo.

Le lendemain, j’ai repris le travail sans rien laisser paraitre.

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