Amazones

après seulement
après il m’arrive de chercher à comprendre
seulement quand je suis dehors
seulement quand je me retrouve seul quand je souffle un peu
à partir du moment où ils ne sont plus que des images
en groupes
pris un par un ou une par une
déjà plus des visages seulement des silhouettes
des corps malgré tout toujours en mouvement assis ou debout

les mots
les mots aussi disparaissent s’effacent lentement
à force de rebondir à force de se cogner contre les murs
finissent par perdre de leur vigueur
d’en perdre plusieurs après quelques instants
de ne plus les distinguer les uns des autres les uns au bout des autres après plusieurs minutes
après plusieurs minutes il me semble qu’on peut comprendre pas expliquer mais comprendre
expliquer c’est être très précis
disposer des points tracer des traits dessiner des angles ou des courbes
et mesurer ce qui les tient ensemble
finissent toujours par ressembler aux mêmes figures aux mêmes modèles

mais à l’intérieur il est inutile de devenir géomètre inutile de s’en tenir à des plans
aucun mur aucune porte n’est assez solide ou étanche pour maintenir ce semblant de quiétude
ça aurait dû se passer autrement on aurait dû s’y prendre autrement
et ce n’est pas faute d’avoir essayer
seul peut-être un peu trop seul

avec les outils dont ils disposent
ils ont bien dressé des murs
des murs si hauts qu’il faut lever la tête pour apercevoir jusqu’où ils se dressent à présent
à présent ils s’emploient à les recouvrir à les isoler les murs
faudrait pas qu’il se mette à pleuvoir faudrait pas qu’il se mette à faire froid
avant que tout soit terminé
car malgré tout les fondations me paraissent fragiles
ils ne les ont pas creusées bien profond les fondations
et simplement posé des murs qu’ils ont fait venir de plus loin
des murs déjà tout constitués des murs préfabriqués

maintenant dedans il y a
des molécules qui s’agitent
des molécules qui se rencontrent
s’assemblent ou se repoussent elles
sans savoir qu’elles s’agitent
sans savoir comment plier les jambes elles
elles ignorent que les vertèbres leur font faire demi-tour
et rabattre les bras sur elles-mêmes elles
elles ne voient pas que leurs corps se renversent
d’où vient ce qui les conduit à rire
d’où viennent les mots qui s’échappent

après seulement
après on pourrait parler de pression
d’un liquide ou d’un gaz qu’on s’efforce de contraindre
mais encore
encore pas le désir de recouvrir de mes mains la pression
encore pas l’envie de faire office de soupape
plutôt me glisser dans le flux
et nager ensemble le plus loin qu’on peut
sans jamais être sûr d’atteindre l’autre bord
et s’il arrive d’en voir qui se noient

derrière
derrière le mur le marteau fait son office
des coups répétés

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