D’une profonde absence

À ma mère.

Je me suis rendu plus loin sur le chemin,
cette route tuméfiée,
encore insuffisamment pansée.

De chétifs bouquets de végétation
débordent du fossé.

Marchant sur la pointe des pieds
pour éviter les éclats de verre.

Au milieu de cette étendue glacée,
Les arbres se sont rassemblés,
éloignés pour
retenir le cortège silencieux.

Devant ces quatre murs,
Je n’ai pas pu avancer.

À présent,
je m’enfonce dix pieds sous terre
rejoindre le cours d’eau souterrain,
la bouche gorgée de terre,
les bras sanglés par les racines
des jours.

Je ne suis pas celui qui partage,
je ne suis pas celui qui console,
je ne suis pas celui qui pleure.

Seulement pour t’entendre me dire
que la poésie peut tendre l’oreille
aux paroles disparues.

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Un commentaire pour D’une profonde absence

  1. Enyd dit :

    Te voilà tout seul, petit bonhomme, comme désormais nu sur la plus haute marche qui précède le vide, trop tôt exposé.

    C’est ton exigence seule qui te soutiendra à présent, et peut-être la nécessité de la transmission de tes fragiles souvenirs d’elle.

    C’est donc vraiment seul que tu abordes la pleine mer … (joli lapsus lacanien)

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