20000lieux01.jpg

Au nord, le temps s’est figé dans les murs, les arbres décharnés, les vieux toboggans, les automobiles assoupies. Chaque matin, par la fenêtre, je retrouve le ciel dans l’état où je l’avais laissé la veille, les nuages décidés à rester à leur place et à ne plus en bouger. Les jours s’égrènent, identiques, prisonniers du présent; à peine les saisons en modifient la lumière, les couleurs. L’avenir est trop incertain pour qu’on y pense et le passé est encombré des restes de batailles perdues, des traces d’exodes forcés. Le soir, dressées comme des vigies, les tours guettent la lueur de feux lointains, l’écho de colères contenues.
Dans sa chambre, Varesh lit, armé d’une lampe de poche, un roman de Jules Verne Vingt mille lieux sous les mers. Deux de ses frères plus âgés dorment profondément et les deux autres seront au travail la nuit entière; alors le jeune sri lankais imagine qu’il est le redoutable capitaine Némo et que, parmi son équipage, deux courageux matelots ont fait une périlleuse sortie en scaphandre déterrer les merveilleux trésors de l’Atlantide. Le Nautilus stationne à cinq milles pieds au dessous du niveau de la mer et Nemo ne semble pas décidé à remonter à la surface.

Publicités
Cet article a été publié dans au nord. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s