La vie dangereuse

Articles classés sous ‘éclairage’

juin 21, 2009 · Un commentaire

“Tu peux sonder la nuit qui nous entoure.
Tu peux foncer sur cette nuit… “
omar Khayyam

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Hôtes

juin 16, 2009 · Laisser un commentaire

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Krzysztof Wodiczko, Guests/Goscie.

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Bela Lugosi’s dead.

juin 8, 2009 · Un commentaire

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Au cœur du Dracula de Coppola. Le souvenir d’une séquence réjouissante et surprenante. A Londres, le personnage assiste à une séance publique de cinéma. Sous un chapiteau, à la fois un spectacle de foire (le cinématographe trouve son origine parmi les numéros des illusionnistes) et une vision ou un rêve prémonitoire. La métaphore des transformations des formes narratives engendrées par les bouleversements technologiques et socio-économiques du monde.
Dans un premier temps, n’y voir qu’une intuition corroborée par des concordances chronologiques. Après un examen minutieux du Dracula de Bram Stoker constater qu’il s’agit plus que d’une simple lecture entre les lignes.
Que surgissent des paysages qui semblent être découpés comme les décors d’un théâtre d’ombres chinoises. Grotesques dans tous les sens du terme.
« Il tenait à la main une ancienne lampe d’argent dont la flamme brûlait sans être abritée d’aucun verre, vacillant dans le courant d’air et projetant de longues ombres tremblotantes autour d’elles. »[1] Qu’apparaissent les Jeux d’ombres et de lumières, familiers des féeries des lanternes magiques. Et des traits sans cesse surlignés qui conviennent mieux à l’écran qu’à une lecture minutieuse.

« L’une des tâches primordiales de l’art a été de tout temps de susciter une demande, en un temps qui n’était pas mûr pour qu’elle pût recevoir pleine satisfaction. »[2]. Dans ces lignes de Benjamin, l’idée que le roman, et ses développements au 19ème siècle (du moins l’un de ses paradigmes et le plus important), trouve son accomplissement dans le cinématographe. Voir, par exemple, dans le projet balzacien, totalisant et polymorphe, l’usage du document, le recours fréquent à la métaphore théâtrale, les emprunts réguliers au registre du Grand guignol. Même si on ne peut le réduire à cela. Considérer que cette idée ou cette tendance parcourt l’ensemble d’une génération et trouve peut-être sa source dans les aspirations romantiques. Recourir à l’ensemble des moyens dont on dispose pour produire un spectacle total.
Loin de moi le désir de reprendre à mon compte l’idée, qui resurgit régulièrement dans les gazettes, le projet de trouver l’inspiration dans les techniques narratives cinématographiques ou ses avatars télévisuels. Quelles que soient leurs qualités, dans ce registre, la littérature ne le fera jamais aussi bien.
Non, au contraire, plutôt la conscience qu’il est possible de comprendre la disparition ou l’effacement du personnage dans le roman contemporain par la figure du loup-garou, du fantôme, du mort vivant ou de tout autre monstre froid. Dépourvu de vitalité, d’efficacité et doté d’un autre rapport au temps.
En particulier celle du vampire. A présent, se le représenter dans nos cités, assis à nos côtés, connecté aux mêmes réseaux ; imaginer que les informations, les idées, les sentiments qui les traversent irriguent sa pensée comme elles irriguent ses lignes.
Et faire sienne la mélancolie qui baigne ce passage baudelairien (en diable) : « Je voudrais tant me promener, parmi la foule dans les rues de Londres, cette grande ville imposante, me perdre dans la cohue de ces hommes et de ces femmes, partager l’existence de ce peuple et tout ce par quoi il passe, et jusqu’à la mort même ! Mais hélas ! Jusqu’ici, c’est uniquement par les livres que je connais votre langue. »[3]


[1] Bram Stoker, Dracula. Traduit par Lucienne Molitor. J’ai lu, 1993.

[2] Walter Benjamin, L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique (première version, 1935). Traduit par Maurice de Gandillac, revu par Pierre Rusch. Gallimard, 2000.

[3] Bram Stoker, Dracula. Traduit par Lucienne Molitor. J’ai lu, 1993.

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Univers

mai 22, 2009 · 4 commentaires

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À présent, sur mon écran s’est matérialisée la sphère fantasmée par Borges, l’Aleph. De mon agrégateur netvibes, je vois clairement « tous les points de l’univers ». Ils ou elles ont repéré, rangé, classé les paysages, les villes, les quartiers, les rues, les places, des trajets, des étendues sans nom, les arbres, les fenêtres. Avec minutie et régularité. A certains moments, ils accélèrent, à d’autres ils ralentissent. Ils se font échos les uns les autres, engagent des entretiens infinis, nous tendent le miroir d’un monde en perpétuel mouvement.
Je les suis pas à pas. L’un d’eux en particulier. Il s’éloigne du centre par les mêmes portes que moi, arpente la même périphérie. Voit aussi la ville de dos, la ville dessous, la ville sous les os. Ramasse les mêmes rebuts ou tessons. En compose parfois des versets, des phrases déchirées, débris de prose qui sonnent étrangement.
Je le suis pas à pas et cela en est de plus en plus inquiétant. Tant il semble toujours parcourir les mêmes cités que moi. Dont je connais chaque dalle, chaque escalier, chaque arbre déraciné, chaque auto brûlée.
Pas à pas plus inquiet comme le héros d’Adelbert von Chamisso. Sans, comme Peter Schlemihl , être à la poursuite d’une ombre, mais poursuivi par elle. Une ombre de plus en plus importante à mesure qu’elle s’avance. Et si ce n’est pas une ombre, il s’agit sans doute d’un frère. Et je suis assez fier de me retrouver sur la même bibliothèque que lui.

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C’est mon plus grand succès…

avril 27, 2009 · Un commentaire

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Dans le métro, on ne trouve plus trace de l’écran de gêne qui entrave habituellement les gestes des passagers. Les inconnus se parlent, ils ne s’abordent plus. Une bande en conciliabule à l’angle d’une rue. Des rassemblements plus vastes sur les boulevards qui discutent gravement. Les assauts se répondent d’une ville à l’autre, d’un jour à l’autre. Une nouvelle caserne a été pillée puis brûlée. Les habitants d’un foyer expulsé ont cessé de tracter avec la mairie : ils l’habitent. Dans un accès de lucidité, un manager vient de refroidir, en pleine réunion, une poignée de collègues. Des fichiers contenant l’adresse personnelle de tous les policiers et gendarmes ainsi que des employés de l’administration pénitentiaire viennent de fuiter, entrainant une vague une vague sans précédent de déménagements précipités. Dans l’ancienne-épicerie-bar du village, on apporte l’excédent que l’on produit et l’on se procure ce qui nous manque. On s’y réunit aussi pour discuter de la situation générale et du matériel nécessaire pour l’atelier mécanique. La radio tient les insurgés informés du recul des forces gouvernementales. Une roquette vient d’éventrer l’enceinte de la prison de Clairvaux. Impossible de dire si c’est un mois ou des années qui se sont écoulés depuis que les « événements » ont commencé. Le premier ministre a l’air bien seul avec ses appels au calme.

Comité invisible, L’insurrection qui vient, La Fabrique, 2009, p.124-125.

Moi aussi, j’ai participé au Comité Invisible et suis donc l’auteur de ces lignes.

Et je vous invite tous à signer la pétition : Nos bibliothèques sont pleines à craquer de livres subversifs et il est temps de déballer sa bibliothèque. Et à reprendre comme moi l’initiative François Bon en publiant sur vos site ou vos blogs deux pages de ce livre.

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Comment ça va ?

avril 24, 2009 · 2 commentaires

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En empruntant le titre du film de J.L.Godard. Pour dire le processus qui s’est enclenché au détour d’une image. Pas pour l’analyser, d’autres le font mieux que moi, avec des outils que je n’ai pas. Laisser simplement les sentiments ou les idées se déplacer et se fixer librement. En apparence tout du moins. J’ai découvert depuis un moment que l’espace qui nous entoure (à la fois celui que l’on parcourt de nos pas et celui sur lequel notre pensée chemine) est tout entier stratifié. Des couches nombreuses, invisibles si on ne s’y attarde pas, si on ne prend pas le temps de creuser un peu.

Je fais chaque jour l’expérience de cet étrange état de fait, à pied lorsque je m’engage dans une rue, y croise une bâtisse singulière ou prend connaissance d’une histoire qui s’y rattache. Parfois, je me dis qu’il suffit d’un peu de disponibilité et je n’ai plus qu’à me baisser pour trouver. Ce qui ne m’appartient pas, ce que je me contente de mettre à jour. Comme un archéologue en pays étranger, tout ce que je parviens à extraire retourne à qui de droit.

On pourrait attribuer ce singulier phénomène au caractère particulièrement chargé des lieux que je suis amené à traverser ou à l’anormale courbure de mon esprit dérangé.

Pas le hasard, des fils suspendus sous l’espèce de l’éternité. Dans les images aussi, palimpsestes.

Une image. Hier soir, au journal télévisé. Le passage du ministre de l’immigration dans les bois voisins de Calais. La « jungle de Calais ». Plutôt deux images ou deux plans, deux plans étanches. D’un côté, le campement de fortune des migrants derrière une clôture. De l’autre, le ministre, son auto aux vitres fumées et les journalistes qui l’accompagnent. Jamais ils ne se croisent. Tant qu’on pourrait douter que ces images ont été tournées au même endroit. Le regard du ministre en direction d’un spectacle invisible. Celui des migrants au-delà de la clôture. Jamais dans le même plan. Et le ministre dit lui-même qu’il ne le souhaitait pas. Pas les rencontrer, mais se retrouver dans le même plan que les migrants.

Néanmoins, ce qu’il ne peut contrôler c’est notre manière de les voir les images. De voir les fils invisibles, les ombres, les fantômes qui se sont glissés à ses côtés. D’autres images plus anciennes qui les recouvrent.

Le même soir, sur le même écran, seulement quelques heures plus tard. L’extraordinaire film de Michaël Prazan, Einsatzgruppen, les commandos de la mort. Des fosses puis des buchers dissimulés au fond des bois de Lituanie ou de Lettonie. Dans la forêt de Ponary. Ceux qui y ont participé par conviction, ceux qui ont collaboré par intérêt, ceux qui l’ont fait pour ne pas être tué à leur tour.

Plus de trace, des images bien sûr, des fils invisibles et des mots. Il y en a d’autres.

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Attention chantier

avril 12, 2009 · Laisser un commentaire

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Poursuite de l’un des ateliers: Attention chantier 1. Dans de nouveaux locaux , mais plus d’ordi en classe. Déplacement obligatoire, mais pas déplaisant au CDI. Deux nouveaux exercices avant peut-être expérimentations après Paques.

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Paul Chiappe, Untitled 6. 2007

mars 28, 2009 · Laisser un commentaire

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d’ici là n°2 | Mystérieux travail d’un écart qui s’imprime

mars 21, 2009 · Laisser un commentaire

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Je suis très heureux d’avoir participé au second numéro de la revue d‘ici là hébergée par Publie.net: d’ici là n°2 | Mystérieux travail d’un écart qui s’imprime

D’autant plus que je suis impressionné par la qualité de la contribution des nombreux auteurs et plasticiens.

Et particulièrement émerveillé par le superbe travail scémographique, visuel et sonore, de l’indispensable Pierre Ménard.

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Hors du salon du livre

mars 13, 2009 · Laisser un commentaire

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Lien vers l’initiative de Publie.net et d’Arte TV pendant les 6 jours du salon du livre. Lectures numériques, donc à la fois dans et hors des murs du salon. Ça commence par Chevillard et, chaque jour, un autre auteur suivra.

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