C’est une question d’anatomie. Une question de thorax. La partie supérieure du tronc des vertébrés. Le thorax. Qui contient les deux poumons et le diaphragme. Qui m’aident à respirer. A travers le thorax. Circulent les veines caves, les artères pulmonaires, l’aorte. Le cœur qui distribue, le sang sans oxygène, le sang qu’on oxygène, le sang oxygéné. Vers l’ensemble du corps.
C’est une question de souffle. La question du thorax. Douze paires de côtes retenues par douze vertèbres et le sternum. Douze barreaux osseux. La cage thoracique.
Légèrement enfoncée. Plus étroite et plus sombre. Ma cage thoracique. Où j’ai bouclé l’amateur d’art. Celui qui admire les tableaux dans les musées, celui qui s’émerveille devant l’œuvre d’un maitre de le Renaissance, celui qui s’enthousiasme pour les couleurs qui recouvrent une toile abstraite. Celui qui ignore que ceux qui les achètent ces toiles, ce sont les marchands d’esclaves, les patrons d’industries repus. Alors je le séquestre. Dans ma cage thoracique.
Avec le poète. Celui qui pense trouver des mots, les assembler pour dire son étonnement, sa joie devant la beauté toujours renouvelée du monde. Celui-là je compte bien le maintenir prisonnier le plus longtemps possible. Jusqu’à ce qu’il comprenne que même les poètes blessent, violent, tuent quand on leur intime de le faire, jusqu’à ce qu’il se souvienne que les nazis recrutaient des lettrés, des universitaires pour conduire leurs commandos de la mort, jusqu’à ce qu’il prenne la mesure de l’obscurité qui règne. Dans ma cage thoracique.
C’est une question d’anatomie. Pas d’art, pas de littérature.
c’est une question d’anatomie.
août 19, 2009 · Laisser un commentaire
Catégories : sous mes pas

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