me suis plongé comme autrefois
dans le convoi des nuques à demi endormies

fait l’économie de mes pas
pour ne pas que l’embarcation sombre

un chiffre
pas plus important qu’une ou deux dizaine
enveloppé dans un cercle coloré

est-ce qu’il existe un pays
où l’hiver s’éveille dans des draps parfumés ?

passageiros só
il était trop tôt pour relever ses messages

du poisson frais et les légumes du marché​

encore quelques jours de pluie
et la Moldau débordée

ceci n’est pas un poème
ma peau se fait moins brûlante
à mesure que la ligne s’éloigne

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Vaudou

Aby Warburg, un masque de danseur katcina sur la tête, qui lui recouvre une grande partie du visage et ne laisse apparaitre que cette énorme moustache, la même que friedrich, si bien qu’il est permis de se le figurer, friedrich, au milieu d’un cérémonial indien, quelque soi le prétexte de la danse, hilare comme l’est le collectionneur de papillon, hilare mais pas ridicule, même s’il pourrait ressembler à n’importe quel touriste allemand égaré dans le bazar d’une ville du sud.

Franck Castorf est allemand lui aussi, pourtant il pratique le vaudou et, avec l’aide d’Heiner Muller (sa pièce La mission), il ressuscite, à l’Odéon, La dame aux  camélias.
Au début du spectacle, seules les poules savent le sort qui les attend, alors elles gloussent ou se lamentent. Deux ou trois femmes -l’échange de perruques blondes ou brunes les rendra interchangeables et Marguerite Gautier doit être l’une d’entre elles- sont perchées sur le toit d’une maison de théâtre et plutôt que de tomber se blottissent au poulailler ; un coq enamouré -Armand Duval- et bégayant se lamente et, plutôt que de désespérer, se transforme en poule barbue ; chacun tousse, hurle, crache, vomit, se libère de ses excréments ; le narrateur -Alexandre- se saisit d’une poule, lui tranche la gorge puis cuisine un suprême de poulet. 
Dans le night-club qui constitue l’envers du décor, j’ai imaginé Castorf recouvert de latex maitre d’œuvre d’un cérémonial bondage. Qu’est-ce que le bondage a à voir avec le vaudou ? Peut-être un rapport consenti ou sublimé avec l’esclavage. Armand déballe Marguerite du plastique comme on réceptionne une poupée gonflable.

En attendant -c’est l’entracte-, je reprends un verre de rouge ou de blanc, je n’ai malheureusement pas les mots, seulement le désordre et les paillettes.

« Six figures apparurent, trois hommes couverts de boue jaune et portant de simples pagnes. Puis apparurent à leur tour trois hommes habillés en femmes. Tandis que le chœur et les prêtres poursuivaient leur mouvement de danse calme, ils se livrèrent à une parodie obscène des mouvements du chœur, mais personne ne riait.» [1]

Après, ce sont les bruissements de l’histoire, le gamin et la putain, des corps révulsés, une téléréalité, Fukushima, la révolution de jasmin, je ne sais quoi encore, BHL chez les picaros, les images envoutantes qu’Eisenstein tourna au Mexique, ces hommes et ces femmes imposants comme des sculptures antiques qui reproduisent des gestes venus de la nuit des temps, des rituels magiques et peut-être sanglants, l’histoire d’une névrose, sans transition une opérette latine et de la crème à bronzer, Timisoara sous les sunlights et puis d’autres indignés qui passent à la télé…

« A Saint Domingue et particulièrement dans la partie occidentale, il y a depuis longtemps un genre de danse appelé vaudou, qui exige deux ou quatre personnes, et qui est caractérisé par des mouvements où il semble que le haut du corps, les épaules et la tête se meuvent par ressorts. Cette danse a aussi lieu avec le tambour, les battements de mains et le chant à chœur. J’ignore d’où elle a pris son nom, mais son effet est tel sur les nègres, qu’ils dansent quelques fois jusqu’à tomber en défaillance.»[2]

A Saint Domingue, quelque part dans les Caraïbes, dans tout autre pays du sud, dans tout autre pays où cela peut avoir du sens, sur le plateau du théâtre de l’Odéon donc, il est question de faire le deuil de la révolution, ou le deuil des valeurs positivistes occidentales, ce sont des minutes éprouvantes qui viennent après trois heures de spectacles, sur le moment on prend conscience que quelque chose comme la dialectique a fait son œuvre, on plaint ceux qui sont sortis prématurément et qui n’ont pas assisté à ce qui ressemble à un dévoilement. Ce que les morts confient aux vivants, Jeanne Balibar nous le confie à voix basse : “Elles ont roulé dans tous les ruisseaux, se sont vautrées dans tous les caniveaux du monde, traînées dans tous les bordels, notre putain la liberté, notre putain l’égalité, notre putain la fraternité. Maintenant je veux être assis là où on rit, libre pour ce qui me plaît, égal à moi-même, frère de moi-même et sinon de personne.” [3]


[1] Aby Warburg, Le Rituel du serpent : récit d’un voyage en pays pueblo, trad. S. Muller, P. Guiton et D. H. Bodart, Macula, Paris, 2003.

[2] Moreau de Saint Mery, Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de l’isle Saint Domingue, Philadelphie, Paris, Hambourg, 1797-1798.

[3] Heiner Muller, La mission.

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De l’esprit de Noël

Ces temps-ci, je répète à l’envie que la période des fêtes ne me déplait pas bien au contraire, néanmoins cette impression demeure douce et légère tant que l’instant décisif se tient à distance ; plus le jour de noël se rapproche, plus je suis gagné par la mélancolie, sentiment qu’à la fois je crains et je désire,  l’élucider comme on déchire fébrilement un paquet cadeau avant de découvrir ce qu’il y a à l’intérieur. Une douleur ou un pincement qui ne s’établit nulle part en particulier ou plutôt quelque part entre l’extérieur et l’intérieur, des rues de Paris illuminées en direction du foyer, familial ou non, dans le déplacement de l’un vers l’autre, du lieu de passage au lieu clos – l’appartement – mais enluminé lui aussi. Il est amusant de considérer que quelques guirlandes électriques déclenchent de tels sentiments, sont capable de mettre en lumière bien plus que la rue un soir de décembre.
Enfant, ma mère me menait admirer les vitrines animées des Grands magasins, c’était comme aujourd’hui une bousculade insensée – un véritable pari à chaque fois qu’une mère ou qu’un père jette son rejeton dans la foule sans savoir dans quel état il le retrouvera -, cela s’apaisait lorsque nous pénétrions à l’intérieur. Etrangement, je ne me souviens que de l’étage consacré aux jouets, je n’ai aucune image de ma mère au milieu des enseignes de luxe, de parfum ou de maroquinerie ; là-haut, une fois libéré des multiples couches de vêtements dont j’étais recouvert dans la rue,  j’admirais surtout d’énormes plateaux qui simulaient un véritable réseau ferroviaire avec sa gare, ses passages à niveau, des arbres ou d’autres figurines, tout un paysage traversé par des trains miniatures. Une telle installation ne serait jamais rentrée dans ma chambre et, le plus souvent, je venais contempler des jouets que ma mère ne pouvait pas m’offrir ; sur le moment, cela ne me blessait nullement, au contraire je profitais pleinement de ces moments sans regretter que je ne puisse pas rentrer chez moi avec les jouets de mes rêves. Plus tard, je pouvais en souffrir, le matin lorsque je découvrais mes cadeaux ou les quelques heures qui précédaient ces instants, je souffrais bien plus pour ma mère qui – c’est du moins ce que je croyais – devait regretter de n’avoir pas pu faire plus ou d’avoir mal fait. Elle se situe donc là cette mélancolie, derrière mes pas dans ces rues enluminées, sur le seuil de l’appartement, derrière la porte – celle de l’appartement comme du passé  -. Et, au delà, c’est peut-être finalement cela l’esprit de noël, nourrir les plus pauvres des illusions lumineuses.

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Choses vues choses lues

Lancement des blogs écriture de mes deux Secondes pro.
Questionnement des goût et des couleurs, du beau et du laid, du regard et de l’urbain.

Celui des 2MSA3 : http://chosesvueschoseslues.wordpress.com/
Celui des 2MRC3 : http://chosesvueschoseslues2.wordpress.com/

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et tu tombes sur un homme écrasé

“Le capitalisme doit pouvoir donner à ces personnes l’assurance d’une sécurité minimale dans des zones sanctuarisées – où vivre, former une famille, élever des enfants, etc. -, comme le sont les quartiers résidentiels des villes d’affaires de l’hémisphère nord” Boltanski, Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme.

Ma XXX (la femme souhaite rester anonyme)
Avant toute chose, j’aimerais que tu comprennes
et que tu me prennes ni pour un manipulateur,ni pour un hypocrite, ni pour un menteur
(…)
Ma XXX (la femme souhaite rester anonyme)
Avant toute chose, j’aimerais que tu comprennes
mon envie, mon but, ma motivation
(…)
Ma XXX (la femme souhaite rester anonyme)
Avant toute chose, j’aimerais que tu comprennes
le projet initial était simple, et basé sur des tickets crystals
(…)
Ma XXX (la femme souhaite rester anonyme)
Avant toute chose, j’aimerais que tu comprennes
je suis ruiné, au fond du trou comme je ne l’ai jamais été
je n’en dors plus, je fais des insomnies presque chaque nuit
et je ne peux pas fuir, sauf, bien sûr, de façon radicale
foutre le feu à la maison, me foutre dans un camion
(…)
Ma XXX (la femme souhaite rester anonyme)
Avant toute chose, j’aimerais que tu comprennes
il ne restait plus qu’à vendre des tickets crystals
donnant droit à une boisson au cours du repas
(…)
Ma XXX (la femme souhaite rester anonyme)
Avant toute chose, j’aimerais que tu comprennes
on gagnait 1 euro par ticket crystal
des dizaines de milliers d’euros par jours
(…)
Ma XXX (la femme souhaite rester anonyme)
Avant toute chose, j’aimerais que tu comprennes
il suffirait de 10.000 euros de plus pour faire imprimer mes tickets crystals
(…)

Je t’aime ma XXX

“La contrainte doit être intériorisée et justifiée, et c’est d’ailleurs le rôle que la sociologie a traditionnellement accordé à la socialisation et aux idéologies. Participant à la reproduction de l’ordre social, elles ont notamment pour effet de permettre que les personnes ne trouvent pas leur univers quotidien invivable, ce qui est l’une des conditions pour qu’un monde soit durable.”

Il a attendu que les voisins soient partis faire leurs courses hebdomadaires au supermarché, en général ils y passent tout le samedi après-midi et de toutes façons il n’a pas taillé la haie depuis plusieurs mois alors on ne peut pas voir ce qui se trame dans le jardin ; il est allé chercher une pioche et une pelle dans le garage, il a enfilé des gants comme il en a l’habitude pour éviter d’avoir des ampoules, creusé à l’endroit où il avait commencé à le faire le week-end dernier, arrosé de temps à autre pour que la terre soit plus meuble, lorsque la fosse lui a semblé assez grande ils est allé chercher le premier corps dans la maison, celui d’Arthur parce qu’il paraissait à vue de nez le plus lourd, celui de Thomas ensuite, puis il a traîné péniblement le corps de sa femme Agnès et ceux des deux plus jeunes, Anne et Benoît, enfin il les a tous recouvert de chaux, il a lu quelque part qu’il en fallait près d’1 kg pour 10 kg de cadavres. Une fois qu’il est parvenu à boucher la fosse, il s’est dirigé à nouveau vers le garage, ressorti avec un bidon d’essence dont il a aspergé la haie avant d’y mettre le feu, les flammes se sont élevés rapidement très haut et ont cerné l’ensemble du jardin ; dans la maison, il s’est mis à défoncer les cloisons intérieures, sans difficulté parce qu’elles n’étaient pas bien épaisses, brisé les carreaux de faïence de la salle de bain et vidé méticuleusement les compartiments du congélateur ; au milieu des plats préparés, des crèmes glacées et des morceaux de viande, il a mis le “22 long-rifle” sous son menton et s’est fait sauté la cervelle. Quelques jours plus tard, c’est avec beaucoup de difficultés que les gendarmes sont parvenus à extraire les restes du corps du mélange de crème glacée et de sang animal.

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Youri Gagarine

Je sais que ça ne sera pas sans danger et les préparatifs m’ont semblé durer une éternité, je sais aussi qu’on va me reprocher de m’asseoir sur des millions de morts, qu’on me traitera de crapule stalinienne, j’ignore si la vodka est meilleure bue là haut, mais j’ai décidé, pour cette fin de semaine, d’être Youri Gagarine.

Performance de Murakami Saburô, en 1955, traversant des cadres de papier tendus.

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Tunis – Fukushima – M

D’où que tu viennes, que tu la franchisses en voiture pour rejoindre la banlieue, en direction d’ Aubervilliers ou Pantin, ou d’aventure dans l’autre sens, à pied peut-être que cela te laisse plus de temps, l’impression est la même, la porte de la Villette semble avoir été aménagé dans le plus grand désordre, chaque élément s’est ajouté à ceux qui l’ont précédé sans se soucier des apparences, des voies nombreuses et enfouies qu’il est impossible d’apercevoir mais sur lesquelles des convois grondent sous tes pieds, d’autres traverses, oxydées et ocres comme le ballast sur lequel elles sont couchées, laissées à l’abandon au sommet d’un dérisoire monticule recouvert de poussière et d’une végétation maigre et affaiblie par la soif, dans la confusion des rues débraillées qui s’achèvent brièvement ou qui se prolongent accablées d’un côté à l’autre du périphérique, diversement encadrées d’immeubles de bureaux construits à la hâte et de vieux bâtiments aux façades noircies, les meublés usés côtoient les hôtels lessivés en libre service, négligeable aux yeux des clients immobiles des cafés hors du temps et sourds aux passants affairés, aux conducteurs sur leurs sièges qui s’agitent, ne voient pas où ces lignes et ces courbes les conduisent, se contentent de suivre les noms qui se bousculent aux intersections, quelque part entre le boulevard MacDonald et le boulevard périphérique, cela ressemble à des branchements électriques assemblés négligemment, des câbles par endroits dénudés et emmêlés qui forment des noeuds, des renflements inquiétants, frictions qui pourraient mettre le feu, sur l’ancienne route de Flandre qui autrefois traversait les fortifications sans s’arrêter, des hommes à la peau cuivrée rassemblés dans un square qui grimpe à proximité de la voie rapide, là où elle forme une courbe après avoir enjambé un premier canal et avant d’en enjamber un autre, plusieurs centaines de tunisiens qui ont traversé la Méditerranée jusqu’à Lampedusa, parcouru l’Italie tout entière pour échouer dans ce déversoir de Paris, quelque part entre des entrepôts et le périphérique, il fait encore jour et ils sont vêtus de tenue légères, des vêtements de sport, des casquettes, de leurs voitures à l’arrêt des femmes tirent de quoi leur donner à manger, il n’y en a pas assez alors elles vont revenir, ceux qui sont déjà servis s’assoient et partagent leur assiette à deux ou à trois, les autres continuent à se déplacer brièvement d’un groupe à un autre , forment un être aux membres multiples et grouillant, mordent dans le fruit putride,

, quelques dizaines de mètres plus loin, Nisennenmondai n’est pas qu’un trio électrique féminin en provenance de Tokyo, c’est un engin propulsé par trois énergies motrices qui injectent au public une tension qui ne se relâche que lorsque le son s’éteint, c’est une turbine qui produit de la chaleur, une turbine qui contrairement à celle de Fukushima donne envie de se rapprocher plus près du noyau, tu t’avances encore de quelques pas de plus pour être irradié.

Il y a quelques jours, j’ai pris conscience que la tristesse pouvait modifier mon aspect physique, pas seulement gonfler mes yeux, déformer mes traits au point que je peinais à me reconnaître.

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R

mais, de l’impossibilité de faire, pas de dire, la parole, tu sais très bien t’en servir, et après, raconter, mettre des mots là où le courage te manque, dis quelque chose, un verre de rosé de Provence, j’ignore pourquoi m’être arrêté à la lettre R, reviens, ferme-là, seul le sommeil regorge de grandes embardées, la terreur de quitter la route, ronces, elles ne sont que quelques unes à mordre tes bras, reviens, ferme-là enfin, répétition, je me souviens de chaque rue, de la route jusqu’à l’embarquement, refais le même chemin à quatre reprises, répétitions, deux autres verres de rosé de Provence, ou trois, révolution mon cul, préfère sentir son sexe humide contre ma cuisse plutôt qu’attendre la révolution, recommence, recommence à me mordre les doigts, pas un radis, le radis noir que ma mère mangeait pour protéger son foie n’a servi à rien contre la maladie qui a obscurci ses poumons, pas une larme, elle ignore que depuis plusieurs semaines j’ai le ventre vide, ne suis pas certain d’avoir bien vu le geste qu’elle m’a fait lorsqu’elle était sur le pont, rotules, dans une rue qu’ils me les brisent à coup de barre de fer, la lettre R, en travers de la gorge, ses yeux rougissent, à présent que l’immense tristesse a contaminé la ville, le canal qu’il est devenu impossible de traverser, R, rue des roses, il faut toujours la remonter après l’avoir descendue, de grâce, qu’ils me finissent à coup de pied et me laissent baigner dans mon sang, je ne la retiens pas, mais

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Pendant que l’encre sèche

Sergueï Paradjanov, Sayat-nova (1968).

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parlent contre une bouffée de nuit
sur la table les commencements et le vin

- Dans quelle direction vas-tu ?
- Le pollen se disperse.

cherchent la phrase étroite
assez pour la plier et la mettre dans la poche
elle se tient à l’abri du vent

- Tu dors ?

éclos comme des amandes brulés
s’emmêlent en tombant
si bien qu’il est difficile de les dénouer
π a l’âge des grandes découvertes

- Te souviens-tu de la manière dont Simonetta Vespucci attachait ses cheveux ?
- Nous irons la nuit armés d’une lampe torche éclairer son portrait.

à l’aube
le trottoir est encore mouillé
dessinent ces figures qu’Euclide n’avait pas imaginées
plus d’angles qu’il n’y a de côtés

- Il n’y aurait pas de correspondance.

aspirent à l’effritement de la ville
marché à ciel ouvert sur la chaussée
par dizaines de tissus colorés et chaussures dépareillées
de la profondeur

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